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Le nouveau film Resident Evil nous fera-t-il changer de regard sur l'adaptation cinématographique du jeu vidéo de Capcom ?

Zombies, horreur, épouvante, série B… Resident Evil a, depuis son origine, toujours eu tous les éléments pour se retrouver un jour sur les grands écrans dans ces chères salles obscures. Et ce jeu aux nombreuses influences cinématographiques – on pense à Romero ou plus tard à Massacre à la Tronçonneuse – n’a pourtant jusqu’à maintenant connu qu’un triste sort avec son épouvantable épopée de films à part entière. C’est sous la direction de Paul “Mortal Kombat” Anderson (comme on aime si bien l’appeler) que le jeu est devenu film bancal puis produit dérivé grand public. Le Resident Evil nouveau serait donc à l’image de l’original à ceci près qu’on lui aurait retiré toute sa saveur en remplaçant ses éléments de grandeur naturelle par des ingrédients chimiques de substitution. Si bien qu’au final ce n’est même plus une simple indigestion que la vision de ces films nous provoqua mais en somme, une véritable infection.

Attention, derrière vous !

Et puis un jour, on ne sait pas quel éclair de génie traversa la salle de réunion chez Sony Pictures (peut-être une fluctuation boursière bien tombée), mais au lieu d’un quatrième film (raté, bien évidemment), la société proposa à Capcom de réaliser un nouveau film… en images de synthèse cette fois-ci puisque c’est la mode et que des progrès non négligeables ont été faits dans le domaine. Et ce ne sont pas Ratatouille ou Wall-E qui vont venir contredire cela, surtout après leur énorme succès. Malgré cela, le problème de l’adaptation de jeu vidéo se pose encore car on ne sait pas vraiment s’il y aura matière à faire quelque chose d’intéressant à partir d’un média s’adressant à un autre public – celui des joueurs – et si le résultat sera de qualité. D’autant plus qu’il faut contenter à la fois les fans de la première heure et aussi les nouveaux venus, rentabilité oblige. On a bien sûr le film Final Fantasy comme exemple significatif, qui bien qu’esthétiquement recherché, n’en était pas pour autant terriblement intéressant. C’est surtout que son approche ultra moderne s’était révélée trop peu fidèle à sa saga d’origine, laissant alors un affreux goût de déception pour les joueurs et un sentiment de lourdeur chez le spectateur néophyte. Alors, après toutes ces inquiétudes, qu’en serait-il pour le premier long métrage d’animation de la série phare de Capcom ?

C'est balot, quelqu'un a mis le feu à cette maison

Resident Evil Degeneration est sorti dans les salles obscures japonaises depuis quelques semaines déjà et fera son apparition en DVD et Blu-Ray le 4 février 2009 prochain en Europe. Toutefois, il aura suffi de quelques huit petits mois de production en parallèle au grand chantier Resident Evil 5 – lui qui aura concentré tous les efforts humains (plus de 400 personnes) et financiers – pour que débarque ce film, une sorte d’épisode de transition entre Resident Evil 4 et sa prochaine suite.

Une équipe de choc mène l'enquête, bien plus forte que Derrick

Le film nous amène 7 ans après l’explosion nucléaire qui a balayé la petite bourgade zombifiée de Raccoon City de la surface du globe terrestre. Cela fait aussi 2 ans que la maléfique société Umbrella Corporation a été démantelée. La vérité ayant éclaté et les virus proliférant sur le marché noir, c’est dans un climat hostile et de lutte contre les dérives des groupes pharmaceutiques que des groupuscules terroristes s’amusent à inoculer à des populations entières le virus T. C’est sans compter sur la société WilPharma qui développe un vaccin mais manigance aussi dans son coin des expérimentations peu recommandables. Et comme un Resident Evil n’est jamais paisible, c’est l’occasion idéale pour qu’un aéroport soit totalement contaminé et que figurent parmi les passagers de ce voyage pour l’angoisse (sic) un sénateur crapuleux, une fillette à secourir et une héroïne qui sait qu’il vaut mieux courir que tâter le pouls des morts : Claire Redfield. Et puisqu’il faut les secourir, rien de tel que d’envoyer une brigade d’intervention et l’homme du Président : Leon S. Kennedy, qui vient il y a à peine un an de sauver le monde des griffes et tentacules de vilains Plagas (Resident Evil 4). Bien sûr, tout va de travers et le film propose un rythme soutenu avec de l’action mais aussi une orientation bien plus marquée sur l’aspect enquête et politique que dans les jeux ou les autres films. Sans oublier quelques maigres liens avec Resident Evil 5.

Ce zombie est mort vivant, n'est-ce pas ?

Le scénario ne brille jamais mais sait être mieux pensé que ceux de chaque épisode pris séparément ; tout en proposant néanmoins les éternels clichés du genre : le héros surhumain, la policière prude à forte poitrine (tout le monde l’aura relevé), les hommes sûrs d’eux en combattants, les femmes en éternelles victimes, etc. Avec en plus un peu d’humour, des implications relativement amoureuses (quelques flirts) et des références visuelles ou contextuelles qui plairont aux fans de la saga bien que dans ce film, les événements et le tandem de choc rappellent parfois un peu trop Resident Evil 2, notamment dans sa deuxième moitié avec la déchéance de William Birkin et l’investigation dans les laboratoires. On y retrouve même l’archétype du méchant désespéré qui s’injecte un certain virus G, normal me direz-vous puisqu’il a tout perdu… Donc sans être original car il ne faut pas vous attendre à une réflexion philosophique sur le pourquoi du comment qui fait que Wesker est devenu Neo, le film est globalement efficace et prenant. A condition bien évidemment de connaître le reste de la mythologie Resident Evil et d’être sensible à ce genre de film orienté action avec son lot de fan service. Toutefois, oubliez le bestiaire varié et effrayant : vous n’aurez que des zombies au début du film et le monstre mutagène au grand œil. Oubliez aussi les trop fortes effusions de sang, la peur ou le gore. Il n’y a rien de tout ça ici, le film essayant de se donner bonne allure et de jouer la carte du grand public, sans pour autant renier son identité. La preuve, c’est qu’il sait se laisser regarder tout en conservant les défauts récurrents de la série.

Leon et Angela, un couple accro à l'adrénaline

Quant aux personnages, c’est surtout l’occasion de retrouver Leon, dont le rôle majeur est confirmé, d’autant plus qu’il s’en tire à chaque fois. Froid, distant, sûr de lui, il n’a plus rien du débutant qui effectuait sa première mission de police à Raccoon City. Seulement, ce nouveau rôle est un peu abusif et il n’a pas vraiment de faiblesse. Cela dit, c’est toujours jouissif de le voir en action, même si on préférait sa désinvolture dans Resident Evil 4. Dommage aussi que son design soit moins bon, à l’instar de son visage souvent raté, ou en tout cas qui rend moins charismatique le bonhomme. Heureusement qu’il lui reste dans ce film une bonne tripotée de points de charisme. Et malgré son omniprésence, c’est aussi l’occasion de retrouver Claire Redfield, qu’on avait laissée dans Code Veronica, et qui nous revient plus belle que jamais et totalement charmante pour des phases plus humaines. Mais le duo ne renoue pas sa romance en raison de l’intervention d’un nouveau protagoniste : Angela, policière aux gros seins (ahah !) qui émoustillera nos mâles. Et puis il y a Curtis, le méchant chevelu expédié vite fait…

La contamination s'étend, prenez garde

En fait, c’est surtout l’apparence qui compte et le film profite de certaines scènes pour s’afficher comme une démonstration technique du savoir-faire de Capcom. En effet, Resident Evil Degeneration est globalement très beau et fluide, surtout en mouvement, avec des plans et des modélisations réussies. Certains éléments passent parfois pour du photo-réalisme. Le revers de la médaille, c’est que tout n’est pas parfait et que le niveau n’est jamais aussi élaboré que pour les cinématiques de Resident Evil 5. Les formes sont parfois encore trop carrées et les textures lisses, comme s’il avait manqué du temps et de l’argent, ou de la motivation, pour finaliser certaines images et implémenter des détails évidents. L’animation est aussi globalement bonne, ce qui n’empêche pas les personnages d’adopter des positions gênantes et d’être trop rigides… Et pour la musique ? Rien de très excitant, on reste dans le connu et le quelconque. On félicitera surtout les doubleurs qui encore une fois sauvent la mise et rendent le film crédible ou en tout cas vivant.

Elegante sécrétion zombifiée

Resident Evil Degeneration n’est donc pas un mauvais film d’animation, mais il peine à se démarquer et à justifier son existence. Surtout, il peine à s’adresser à ses différents publics car s’il est une sorte de juste milieu, il est de même très quelconque et ne pourra ni totalement s’adresser aux fans qui trouveront toujours quelque chose à redire sur la trop grande normalisation de leur univers ni totalement s’adresser aux nouveaux venus qui seront peut-être perdus ou peu intéressés. Pourtant, le film se regarde très bien et est un bon divertissement, en plus d’en mettre plein la vue. Bref, le tout est de savoir si vous êtes assez curieux…

Ecrit par Daku le 14 janvier 2009 | Modifié le 14 janvier 2009

Le 14/01/2009 à 19:08:43

Skarn
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Inscrit le : 2/01/2007
Commentaires : 1392

Je l’ai trouvé très bien perso. Avec les Resident Evil, faut pas vraiment s’attendre à des scénars complexes à la Silent Hill 2 ou à un truc flippant, c’est juste du film d’action avec des zombies au lieu des terroristes; en cela ce film reste extrêmement fidèle à la saga et c’est le principal. Ca passerait tout à fait pour une longue cinématique dans un jeu (un peu comme MGS4, en virant totalement les éléments de gameplay :] ).

Même si la première partie dans l’aéroport est assez moyenne, le passage dans la “tour” avec le gros boss est vraiment bien foutu, enfin il aurait été encore plus s’il avait été jouable :x

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Le 14/01/2009 à 22:21:52

Neithan
Avatar de Neithan
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Cet article mais est très bien, mais il ne répond pas à LA question : on voit les seins de la femme flic ?

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Le 18/01/2009 à 15:44:48

Daku
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Commentaires : 1137

Certes, Skarn, c’est une bonne production et j’indique que c’est déjà supérieur en terme d’histoire à la trame de la plupart des jeux. Cela n’empêche pas les défauts d’être quand même gênants malgré tout, même s’ils sont inhérents au genre et à la saga. Le film aurait pu être beaucoup plus audacieux ou ambitieux, notamment dans la voie action qui a été choisie. Je rappelle quand même que le bestiaire se limite à deux types de créatures, c’est vraiment trop limité, et les zombies ne sont là qu’au début. Drôle de Resident Evil ! Par contre, c’est vrai que certains passages font penser à des cinématiques de jeu et on aimerait parfois pouvoir jouer ces situations (des QTE avec le parcours du combattant de Leon par exemple).

Neithan, la réponse à cette question ne pourra être élucidée qu’en visionnant le film ! :D
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The one who attains the dawn, the dusk, and the darkness shall climb the path to heaven… Wiseman

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