| Aphelion | ~ 5 Centimeters per Second # Review
Voila un beau tableau qui nous expose la relation impossible en deux personnes depuis leur plus tendre enfance.
Un peu de douceur dans ce monde de brute. Voici un film divisé en trois petites histoires qui nous apporte calme et sérénité et nous conte le périple amoureux de deux jeunes gens que le destin s’acharne à éloigner au fil du temps. Si sur le fond le thème en touchera plus d’un, il faudra néanmoins avoir les nerfs solides et être pourvu d’une grande patience pour réussir à regarder le tout jusqu’à sa toute fin. J’ai bien failli jeter l’éponge à la fin de la première partie mais dans un dernier souffle j’ai continué le visionnage pour au moins savoir de quoi il retournait. A mes yeux, le film n’a d’intérêt que si on le regarde jusqu’au bout uniquement et c’est seulement à ce moment là qu’on pourra y découvrir sa véritable splendeur.
N’étant pas toujours attiré par ce genre d’histoires simples retraçant les sentiments compliqués de personnes, je dois avouer que le film est, dans sa premiere partie, d’une inutilité à toute épreuve. On nous baladera d’un train à l’autre tout en nous narrant la très courte vie de jeunes enfants âgés d’à peine 13 ans. On sera plus facilement marqué par l’enchainement de décors tout simplement léchés que par l’histoire en elle-même. Passant d’un paysage à l’autre, on ne peut être qu’émerveillé devant cette accumulation de nuances en tout genre, de pastels et de dégradés. C’est bien ce qui sauvera le film dans un premier temps malheureusement.

Mais si vous avez réussi à passer outre la première histoire pas forcément prometteuse, vous ne serez pas déçu de la suite en tout logique. Peut-être était-ce ce côté trop enfantin qui m’a rebuté au commencement, et le fait de progresser vers un âge plus mature donne certainement plus de contenance au scénario; même si d’une manière générale les conversations sembleront toujours autant vide et rébarbatives. Ceci dit, le tout devient plus clair, plus probable à vrai dire. Voir un enfant de 13 ans passer sa nuit dans un train qui n’a de cesse de s’arrêter plusieurs heures à chaque station paraît complètement invraisemblable… et se rendre compte qu’une fois à destination, notre demoiselle du même âge attend encore seule l’arrivée de son prince… oui vraiment n’importe quoi je trouve ! Que fait la police je vous le demande.
On stagnera tout de même dans ce silence pesant, avec une histoire toujours plus rythmée par la narration et les pensées de nos personnages, que par la conversation et l’action elle-même. Ca agace encore, et ca sera comme ca jusqu’à la fin. Le point intéressant, c’est certainement la crédibilité des réactions de chacun à partir de cet instant. Des situations que l’on aurait aucun mal à s’imaginer ou même à retranscrire dans nos vies, voir peut être des événements du même genre vous sont sûrement déjà arrivés. Pour ma part, c’est à partir de là que j’ai commencé à me prendre au jeu et à avoir envie de savoir comment leur amour impossible allait évoluer avec le temps. J’avais comme l’impression que par l’intermédiaire de ce film, l’auteur nous retranscrivait une partie de lui, qu’il essayait de chasser ses vieux démons en nous racontant peut être un passage de sa vie passée… En tout cas, j’ai été touché personnellement.
Mais c’est une fois la troisième partie commencée que j’ai réellement savouré le film. Nos deux personnages mènent chacun leur existence de leur côté mais ils n’ont de cesse que d’avoir cette sorte de lueur d’espoir de se revoir un jour, au coin d’une rue, dans la foule d’une gare,... Je trouve que c’est le genre de choses qui retranscrit bien l’état dans lequel on peut se trouver quand on est épris d’amour. Cette envie sans cesse d’être avec l’autre, d’espérer à chaque instant croiser son regard au hasard d’une journée et c’est d’autant plus vrai dans un amour impossible comme on nous l’expose ici. C’est aussi, je pense, comme un leçon de morale qu’on cherche à nous transmettre. Certainement celle de nous inciter à vivre nos rêves et non pas à rêver notre vie, chose qui aura surement contribué à éloigner nos deux jeunes gens qui n’ont jamais vraiment su s’avouer leurs sentiments.

Ceci dit, tout cela reste qu’une appréciation personnelle, le film laissant beaucoup de place à l’imaginaire, chacun ira de son interprétation je pense. En ce qui me concerne, cela m’a parfois rappelé ma jeunesse et peut être que j’ai été de ce fait plus sensible à certaines parties du film. Cependant, l’histoire dans sa globalité mérite qu’on s’y attarde pour le peu qu’on aime le genre, sans oublier la magie avec laquelle les décors participent à cette histoire d’amour.
4 commentaires sur ce billet
2. Par Astron (Dimanche 09 Mars 2008 à 02:58)
De mon côté j’ai savouré l’entièreté du film avec le même plaisir. La première partie pour son côté rêveur. La seconde pour raisons personnelles et aussi parce que c’est à la fois courant et touchant. La troisième pour son implacable conclusion pourtant dénuée de tristesse vers la toute fin. Et puis ce soin apporté aux décors et effets spéciaux…c’est tellement rare de voir des productions aussi généreuses sur le plan esthétique que ça reste à chaque fois une vrai prouesse.
3. Par LorDjidane (Vendredi 14 Mars 2008 à 01:03)

J’ai eu du mal avec ce film. Pourtant j’ai l’habitude d’aimer les histoires de ce genre, mais là, ça manquait beaucoup trop de rythme. Les voix des personnages étaient excellentes par contre (dans la première histoire, c’est ce qui me tenait éveillé). Et la troisième histoire est un peu trop courte à mon goût. Dommage.
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Un chef d’oeuvre du grand maître Makoto Shinkai, même si je lui préfère son premier long métrage Kumo no Mukou, Yakusoku no Basho. Une réalisation toujours aussi belle avec des décors fantastiques (quels beaux ciels) et une histoire d’amour sincère et touchante. Bizarrement j’ai préféré la première partie par rapport aux deux suivantes mais c’est peut être bon côté rêveur.