Chupon
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Groupes : Membres
Inscription : Mercredi 27 Décembre 2006
Dernière visite : 4 journées, 12 heures
Site Web : http://m.chupon.free.fr
Description
Je suis né à l’âge de 15 ans dans une soupière rouillée remplie de pot-au-feu.
Pesant 2 kilos 540 grammes, et ne mesurant que 37 cm à la naissance, je passai les premières années de mon existence à voyager dans des emballages colissimo ports-payés de taille S. Mais déjà je rencontrai obstacles et tracas lorsque la douane du Venezuela me découvrit et m’enfonça dans les narines une armoire normande de 578 kilos en guise de punition.
Je pris alors conscience de la réalité de la vie, mais 3 ans s’étant déjà écoulés, la neige avait envahi les carcasses de poulets qui me servaient d’espadrille.
Je me suis alors retrouvé seul sur la route, avec pour unique compagnon une bouteille de Monsieur Propre vide, mais dont l’odeur persistante du produit qu’elle contenait me remplissait de courage et d’espoir. Grâce à elle, je partis chercher du travail.
Je mesurai alors 9 mètres 20, et la moustache qui m’était poussée sur le front me grattait outrageusement, mais cela n’avait pas vraiment d’importance.
Je fus rapidement engagé comme lance-courgettes automatique par l’armée du “Salut ça va ?”, mais fus abattu aussitôt par un boeing 747 miniature qui passait et trépassai (moi, pas le boeing).
Enterré en héros, je m’évadai de ma tombe 9 minutes plus tard, mais fus rattrapé par le cortège funéraire qui sortait à peine du cimetière.
Incinéré au micro-onde pour plus de sureté (percez l’opercule du cercueil de plusieurs trous à l’aide d’une fourchette et enfournez 7 minutes à 1000 watts), je dus attendre qu’on ouvre la porte pour m’échapper, tel un ninja, au premier coup de vent, devant les yeux exorbités des 2 croque-morts. Malheureusement, j’atterris dans un sachet de purée Mousseline (©), et y restai quelques mois avant qu’on ne me jette dans une marmite d’eau chaude et accueillante.
Les croque-morts me rattrapèrent quelques minutes plus tard au moment où j’allai être englouti avec voracité par quelques adolescents affamés et boutonneux.
Je ne me souviens plus très bien de ce qu’il se passa entre-temps, mais je fus peu après adoubé par Brigitte Bardot et reconnu comme héritier légitime d’une série exceptionnelle de 15 petits pot pour bébé au goût “mousse de saumon / maroilles / fraise”.
Cependant, cela ne me fut pas profitable très longtemps, car je disparu corps et biens en Alaska 5 jours plus tard, durant une expédition “le safari pour les nuls”.
Recueilli par un troupeau de feuilles mortes, je pus prendre du recul sur la vie. Tellement de recul que je chus d’une falaise placée là par hasard.
Mais je n’eus pas le temps de toucher le sol, ou plutôt la purée de bananes au sucre roux qui se trouvait à la place, une branche stoppa ma descente. Je perdis mes 2 bras, mes 2 jambes, mon escalier portable, encore mes 2 bras, et une partie de mes cheveux, qui disparurent dans l’épaisse purée saccharosée en deçà.
J’avais alors 34 ans, mesurais 9 miles, pesais une livre sterling et portais un monocle en souvenir de mon garagiste.
4 mois plus tard, le 8 juillet, à 18h37, le dernier maillon des lambeaux me servant à la fois de veste et de peau (la pluie abondamment tombée avait mélangé les 2) se rompit sous le bec d’un des milliers corbeaux qui me picoraient chaque jour depuis mon arrivée ici. Je chus à nouveau. Durant un court instant, j’entrevis la nuée d’oiseaux s’envoler dans un grondement qui rappelle une averse, sous la tente un soir d’orage, mais je revins bien vite à la réalité en heurtant violemment le sol. La purée avait disparu dans un bruit de chasse d’eau, laissant place à une roche dure et méchante. Crac. Aïe.
Il me resta tout juste assez de muscle dans le cou pour redresser le morceau de viande marron vert qui constituait mon corps et me mettre debout. Mes bras, mes jambes, mon escalier et mes cheveux se trouvaient à quelques mètres. Je les récupérai grâce à d’habiles roulades latérales.
13 jours plus tard, j’étais de nouveau sur pattes et devais peser dans les 9 kilos.
Je parti vers l’ouest, traversai le détroit de Bering sur une baguette Baguépi, la Sibérie en tractopelle, l’Oural en caleçon et me retrouvai en France quelques 3 jours plus tard.
Laissant là le bobsleigh qui me permit de traverser l’Europe, je rentrai enfin chez moi, satisfait du voyage mais fatigué. Aaah ! La douceur de mon foyer !
Je sautai sur une bombe thermonucléaire de 75 mégatonnes qui dépassait de la pelouse de mon jardin et mourrai donc à l’age de 18 ans.
Voilà.